La livre sterling et l'euro sombrent alors que le nombre de contamination augmente en Europe
Les craintes concernant une seconde vague de contamination au Covid-19 en Europe ont secoué les marchés financiers lundi.Le nombre de cas à travers le continent a augmenté ces derniers jours, ce qui a conduit à la réintroduction de mesures d'endiguement et pousse les gouvernements à en faire davantage.
Analyse du marché des devises
Les craintes concernant une seconde vague de contamination au Covid-19 en Europe ont secoué les marchés financiers lundi.Le nombre de cas à travers le continent a augmenté ces derniers jours, ce qui a conduit à la réintroduction de mesures d'endiguement et pousse les gouvernements à en faire davantage. Les nouveaux cas quotidiens de contamination ont maintenant dépassé leurs pics initiaux en Espagne et en France. Le Royaume-Uni connaît également une tendance à la hausse inquiétante des taux d'infection, Sir Patrick Vallance (chef du bureau scientifique), a averti hier qu'elle pourrait entraîner 50 000 nouveaux cas par jour au Royaume Uni si aucune mesure supplémentaire n'était prise. Bien qu'une grande partie de cette augmentation des cas soit liée à un plus grand nombre de tests, le taux d'infection a bondi. Les autorités britanniques craignent que cela puisse très rapidement se traduire par une contagion plus généralisée et une augmentation des décès.Il est clair que dans de nombreux pays d’Europe, il ne s’agit pas de savoir si de nouvelles restrictions seront introduites, mais quand et dans quelle mesure elles seront introduites. Un autre confinement strict a été mis en place à Madrid, de nombreuses villes en France ont annoncé également un durcissement des mesures ce week-end. Le Premier ministre britannique Boris Johnson devrait également annoncer de nouvelles mesures à l'échelle nationale au Royaume-Uni dans la journée, notamment la fermeture anticipée des lieux recevant du public et le télétravail.La grande crainte pour les marchés est que ces nouvelles mesures freinent l'impressionnant rebond de l'économie mondiale au cours des derniers mois. Comme ils l'ont fait au début de la pandémie, les investisseurs ont réagi en vendant des devises à plus haut risque (notamment celles des pays émergents) et en se précipitant vers les valeurs refuges. L'euro et la livre sterling se sont vendus hier, plus de 1% de perte par rapport au dollar dans la journée, la livre ayant prolongé ses pertes ce matin. Les deux devises devraient subir de nouvelles pressions à la vente dans les prochains jours si le nombre de cas continue à augmenter et si les gouvernements dévoilent de nouvelles mesures pour arrêter la propagation du virus.Lagarde déclare que la BCE est attentive à l’appréciation de l’euroComme on pouvait s'y attendre, la perspective de nouvelles mesures de confinement en Europe a conduit à une surperformance du dollar américain lundi. Les États-Unis ont connu une période très difficile avec le virus au cours des deux ou trois derniers mois, à l'heure actuelle la tendance des nouveaux cas est à la baisse, ce qui rassure les investisseurs. La forte baisse observée sur le marché boursier et l'environnement de «réduction du risque» est une bonne nouvelle pour le billet vert, qui a tendance à se redresser pendant ces périodes d’incertitude compte tenu de son statut de valeur refuge.Outre les nouvelles en dehors de l’Europe, l’attention des marchés cette semaine portera sur les PMI de l’activité commerciale et sur un certain nombre de discours de responsables de la banque centrale. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a souligné hier les inquiétudes quant à l’inégalité de la reprise économique en zone euro et la capacité de la banque à faire de nouveaux stimulus économiques. Christine Lagarde a également semblé changer quelque peu de ton sur l’opinion de la banque concernant la valeur de l’euro, déclarant que la BCE était «attentive à l’appréciation de l’euro». La banque semblait avoir une opinion détendue sur la monnaie il y a quelques semaines. Ses commentaires ont fourni une raison supplémentaire aux investisseurs d'abandonner l'euro, qui se négocie désormais autour de son plus bas niveau par rapport au dollar depuis la mi-août.L'attention est désormais susceptible de se tourner vers le président de la Fed Jerome Powell, qui témoignera devant le Congrès dans les deux prochains jours.