La livre sterling atteint son plus bas niveau depuis deux mois alors que les restrictions britanniques se renforcent
L'environnement de réduction du risque dans lequel évoluent les marchés financiers depuis le début de la semaine s'est poursuivi.Le résultat a été une hausse du dollar américain et du yen japonais et une sous-performance des devises plus risquée, qui dans le G10 incluent l'euro et dans une plus large mesure, la livre sterling.
Analyse du marché des devises
L'environnement de réduction du risque dans lequel évoluent les marchés financiers depuis le début de la semaine s'est poursuivi.Le résultat a été une hausse du dollar américain et du yen japonais et une sous-performance des devises plus risquée, qui dans le G10 incluent l'euro et dans une plus large mesure, la livre sterling. La livre a déjà perdu plus de 2% de sa valeur cette semaine, une augmentation du nombre de cas de contamination ayant entraîné de nouvelles restrictions de la part du gouvernement britannique. Les nouvelles mesures annoncées mardi par le Premier ministre Johnson incluent la recommandation de travailler à domicile si possible, la fermeture anticipée des lieux accueillant du public et des sanctions plus strictes pour ceux qui ne respectent pas ces règles. Le commentaire de Johnson selon lequel les nouvelles mesures pourraient durer jusqu'à six mois, fait craindre aux investisseurs l'impact potentiel de ces restrictions prolongées sur l'économie britannique.La livre et l'euro s'échangent désormais à peu près à leurs niveaux les plus bas depuis deux mois face à un dollar plutôt en forme. Si la monnaie unique a légèrement surperformé la livre sterling, elle n’a pas échappé aux inquiétudes des marchés. La possibilité d’un deuxième confinement national dans des pays comme la France et les commentaires de Christine Lagarde sur la force de l’euro ont ravivé ces inquiétudes. Les données PMI de la zone euro de ce matin ont également surpris à la baisse, suggérant que l’économie européenne n’a guère progressé ce mois-ci. Le PMI composite, qui est un indicateur clé est tombé à 50,1 (contre 51,7 attendu), un niveau au-dessus de 50 indique une expansion économique.Il est probable que la nouvelle augmentation du nombre de cas et la réintroduction de mesures d'endiguement commencent à peser sur la confiance des entreprises et sont probablement à l'origine d'une grande partie de la sous-performance de ces indicateurs.Les commentaires “hawkish” de la Fed ainsi que les inquiétudes liées au Covid-19 permettent une hausse du dollar américainLe dollar américain a été aidé sur deux fronts mardi. L'augmentation de l'incertitude liée au Covid-19 a renforcé les valeurs refuges, tandis que les commentaires des membres de la Réserve fédérale étaient un peu plus optimistes que prévu. Le président de la Fed Jerome Powell, s'exprimera à plusieurs reprises cette semaine. Il a confirmé hier que les perspectives dépendent fortement de la pandémie et de l'action du gouvernement américain. Le président de la Fed de Chicago, Evans, a cependant déclaré qu'il pensait que l'économie était déjà revenue à environ 90% de ses niveaux d'avant la pandémie et que la Fed pourrait commencer à relever les taux d'intérêt avant d’atteindre l’objectif de 2% d'inflation. Cette vision légèrement “hawkish” a donné un élan supplémentaire à la hausse du dollar hier, qui est revenu à ces plus haut niveaux en terme pondéré depuis fin juillet.Aujourd'hui, l'attention sera de nouveau sur Powell qui témoignera devant le Congrès. Les derniers chiffres PMI américains pourraient également faire évoluer les marchés plus tard dans la journée.