L'euro atteint son plus bas niveau depuis juillet à cause des craintes de nouvelles restrictions
L'euro était de nouveau sur la défensive mercredi, tombant à sa position la plus faible depuis juillet sur fond d'inquiétudes concernant le...
Analyse du marché des devises
L'euro était de nouveau sur la défensive mercredi, tombant à sa position la plus faible depuis juillet sur fond d'inquiétudes concernant le nombre croissant de cas de Covid-19 en Europe.L'Espagne et la France semblent être les deux principaux pays touchés par la deuxième vague, les deux pays ayant enregistré un nombre record de cas quotidiens ces derniers jours. Bien que des examens beaucoup plus complets montrent que la situation est encore loin d'être aussi mauvaise que lors de la première vague en mars-avril, on craint que ce ne soit qu'une question de temps. De nouvelles mesures de confinement sont clairement en cours d'élaboration, la France a déjà annoncé des restrictions sur les rassemblements et des fermetures anticipées dans certaines des zones les plus touchées.Pour l'instant, aucune des grandes nations de la zone euro ne semble disposée à envisager la réintroduction d'un confinement national total, qui freinerait réellement la reprise économique et pèserait lourdement sur la monnaie unique. La menace de nouvelles restrictions commence déjà à se traduire par un affaiblissement du sentiment et des données d'activité faibles. Les chiffres de l'indice PMI d'hier ont presque tous été inférieurs au consensus, tout comme les indices de confiance des entreprises IFO de ce matin.La livre sterling en hausse avant l'annonce du Chancelier SunakMalgré un bond d'environ 25% du nombre de nouveaux cas de virus par jour rien qu'hier, et le renforcement des mesures de restrictions du gouvernement britannique en début de semaine, la livre sterling a terminé la séance à la hausse mercredi.Nous pensons que la résilience dont a fait preuve la livre mercredi peut être attribuée à la vague d'optimisme autour d’une possible extension des mesures de maintien de l'emploi de la part du gouvernement. Le régime britannique de chômage partiel doit expirer à la fin du mois d'octobre. Bien qu'il ne soit pas prévu de le prolonger sous sa forme actuelle, les responsables politiques ont préparé des programmes alternatifs qui pourraient impliquer que le gouvernement se contente de compléter les salaires, à l'instar des programmes mis en place en France et en Allemagne. Il reste à voir si ces mesures auront un impact significatif sur la protection de l'emploi, mais l'opinion des investisseurs sur leur efficacité pourrait déterminer si la livre est capable de conserver ses gains pendant le reste de la semaine.La hausse du dollar se poursuitCette semaine, les investisseurs ont choisi d'éviter les actifs les plus risqués, et le dollar en profite largement. Le billet vert s'est apprécié par rapport à toutes les autres devises du G10 mercredi, à l'exception de la livre sterling. Les données macroéconomiques américaines d'hier ont été largement conformes aux attentes, avec l'indice PMI des services de Markit qui s'est établi à 54,6, juste en dessous des 54,7 attendus. Les demandes hebdomadaires d'allocations-chômage publiées cet après-midi restent étroitement surveillées par les investisseurs, tandis que les données de vendredi sur les commandes de biens durables devraient également attirer l’attention cette semaine.Le principal attrait pour les cambistes sera toutefois les interventions des membres de la Fed. Le président du FOMC, M. Powell, poursuivant aujourd'hui son témoignage semestriel devant le Congrès. Ses commentaires d'hier n'ont pas apporté beaucoup de nouvelles informations, bien qu'une poignée d'autres membres de la Fed aient exprimé des opinions contrastées sur l'économie américaine.Le plus remarquable commentaire est probablement celui du membre de la Fed Rosengren, qui a exprimé ses craintes concernant une deuxième vague d'infection virale, tout en notant que les États-Unis auraient de la chance de voir l'inflation dépasser 2% au cours des trois prochaines années. En dépit de ces remarques, le dollar reste solide pour le moment, profitant d’un environnement général de "réduction des risques".